Garder les crocs


Joueur discret mais coéquipier précieux, Croucgnian Mendy a vécu une première partie de saison en dents de scie, à l’image de son équipe du BCGO. Le Parisien est conscient qu’il va falloir, dès janvier, gagner en constance pour survivre en Nationale 1.

Las. La féerie de Noël n’aura pas eu l’effet miraculeux escompté sur le destin de Gries-Oberhoffen. Il faut dire qu’à quelques jours de la venue de l’homme en rouge chargé de cadeaux, le vert n’est pas forcément à la fête.

En concédant leur huitième défaite en neuf matches à l’extérieur, ce samedi, à Orchies, Croucgnian Mendy et ses coéquipiers, 16es et toujours relégables, ne passeront sans doute pas des fêtes aussi tranquilles qu’ils l’imaginaient peut-être, il y a quelques mois.

« Je vais rentrer sur Paris voir ma famille pendant quelques jours, mais tout le monde dans l’équipe gardera dans un coin de la tête le mois de janvier, qui sera très certainement un tournant dans la saison », note celui qu’on surnomme Croc.

À la vie à la mort

À la vie, à la mort, tel en effet s’annonce les 31 premiers jours du calendrier, au cours desquels les Alsaciens disputeront trois matches à domicile, où il « faudra faire carton plein », glisse l’arrière du BCGO.

Un sans-faute indispensable pour espérer se maintenir et mettre définitivement de côté une première moitié de saison marquée par des embellies volatiles et des déceptions multiples.

Les performances individuelles du Parisien de 28 ans sont un peu le reflet de cette période tourmentée, voire contradictoire, vécue par le BCGO depuis septembre.

De son airball au lancer-franc contre Vitré en passant par sa reconversion plutôt réussie en meneur de jeu, l’arrière a cultivé, comme ses partenaires de jeu, les doutes et les paradoxes.

« On a mis du temps à trouver ce qui marchait. Aujourd’hui, l’équipe est stable, équilibrée, et je pense vraiment que la deuxième partie de saison nous sourira. On a montré qu’on était capable de rivaliser avec nos adversaires ».

« Croc, c’est un joueur très important dans le vestiaire »

Garçon pudique, peu démonstratif mais ô combien attachant, il est l’archétype du coéquipier « merveilleux » selon son partenaire de jeu, Tommy Ghezala : « Croc, c’est un joueur très important dans le vestiaire. Il n’aime pas être sous le feu des projecteurs. Ce qui l’anime, c’est de prendre le meilleur scoreur en face et de le laisser le plus bas possible ».

En somme, un joueur de l’ombre, volontaire lorsqu’il s’agit de laisser de côté son orgueil et ses statistiques pour se consacrer au « sale boulot ». « Peu importe si le coach me demande d’abord de défendre. Si je suis sur le terrain, je donne tout », lâche dans un sourire le chien de garde attitré de l’équipe.

Noël approche, la trêve sera courte : il convient, justement, de garder les crocs.